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À l’âge de 14 ans, j’entendais pour la première fois le mot « confiance en soi » sortant de la bouche de mon cousin, d’une demi-décennie mon aîné.

Nous étions allé faire une balade en voiture lors d’une après-midi d’été ensoleillée en pleine compagne. Un moment propice pour qu’il me conte ses aventures sexuelles prodigieuses.

« Cela demande de la confiance en soi » m’avait-il dit.

Je lui avais alors demandé ce que cela signifiait, mais je le voyais en sueur en train d’essayer de me balbutier quelque chose, parce que lui-même ne le savait pas vraiment. Il m’avait finalement sorti, sur un ton de délivrance, quelque chose comme : « La confiance en soi, ça vient avec l’âge. Tu comprendras dans quelques années. »

Voilà comment la confiance en soi s’est introduite dans ma vie… Et me voilà des années plus tard en train d’en faire un blog !

Pour beaucoup de gens, la confiance en soi reste quelque chose d’abstrait et de conceptuel.

Si je vous donne la définition du dictionnaire : « Être assuré de ses possibilités, croire en ses capacités. » vous pourrez comprendre le sens de ces propos, mais aurez du mal à vous représenter ce que c’est.

Laissez-moi vous expliquer la façon dont je me représente la confiance en soi.

Pour cela, prenons l’exemple de deux personnes : une qui manque de confiance en elle et une qui a une véritable confiance en elle, et suivons-les au cours d’une journée du matin jusqu’au soir, et analysons leurs comportements respectifs.

Prenons Jean-Yves pour jouer le rôle de la personne qui manque de confiance en elle.

Et Nicolas pour la personne qui a confiance en elle.

Pour commencer, Jean-Yves se considère, en tant que personne, comme un loser. Il s’est auto-persuadé, au fil des années, qu’il l’était.

Nicolas, lui, se considère en tant que personne comme quelqu’un d’assertif. Il s’en est auto-persuadé également au fil des années.

7h00 du matin : L’habitude de confiance en soi au réveil 

début de journée idéalJean-Yves : Il ouvre les yeux, pense immédiatement à la journée qui l’attend et aux interactions sociales qu’il va avoir.

Il redoute déjà ces moments de contact avec les autres parce qu’il sait, en se basant sur ses expériences passées, qu’il va être mal à l’aise. D’ailleurs, la dernière remonte à hier, avec ses collègues de travail qui on été sarcastiques avec lui.

Avant même de se lever, il se sent déjà lourd et c’est comme s’il avait un gros nuage au dessus de la tête.

Nicolas : Il ouvre les yeux, pense à la journée qui arrive et se sent déjà enthousiaste à l’idée de vivre cette journée.

Il est serein vis à vis des aventures qui vont se présenter à lui et tire du plaisir des interactions sociales. Celles-ci ne représentent pas un combat pour lui, mais un moment de plaisir. D’ailleurs, il se souvient de ce moment de partage passionnant qu’il a eu hier avec sa meilleure amie.

Avant même de se lever de son lit, il se sent déjà léger et démarre cette journée de bonne humeur.

9h00 : L’arrivée au travail de quelqu’un de confiant

qu'est-ce que la confiance en soi au travailJean-Yves : Dans sa voiture, il redoute déjà ce moment où il va devoir saluer tous ses collègues. Il a certains signes d’anxiété qui ne trompent pas et il essaye d’élaborer une stratégie pour éviter de ressentir ce malaise qu’il ressent d’habitude.

Il arrive au travail et malgré tous ses efforts, il ne peut s’empêcher d’avoir un comportement gauche et maladroit avec eux. De l’extérieur, il semble à côté de ses baskets.

Il se sent alors frustré de ne pas avoir pu agir comme il l’aimerait, c’est à dire de manière naturelle et sympathique. Le fait de rejoindre son bureau est un soulagement pour lui.

Nicolas : Dans sa voiture, il ne pense pas à agir de manière naturelle avec ses collègues, il sait qu’il agit naturellement en société.

Il se sent toujours bien et léger, et se laisse emporter par la musique qui augmente encore plus sa bonne humeur.

Arrivé au travail, il salue tout le monde avec le sourire, prend le temps de glisser quelques petites phrases sympathiques à certains collègues.

Il arrive à son bureau et se sent d’aplomb pour son travail, nourri par ces petites interactions avec les autres.

12h00 : La pause déjeuné et le storytelling de quelqu’un de charismatique

etre charismatique storytelling Jean-Yves : Il se retrouve avec ses collègues, comme d’habitude un peu à l’écart dans la conversation. En effet, il est transparent et s’investi peu de peur d’être déprécié ou d’avoir une remarque à laquelle il ne sache pas répondre.

Il préfère le confort du mutisme à l’inconfort de la parole.

Au bout d’un moment, son indifférence devenant gênante, il décide de raconter une anecdote intéressante qui lui est arrivée ces derniers jours. 

Mais avant même de la raconter, il se sent déjà appréhensif à l’idée de faire un bide.

Quelques secondes avant, son cœur bat plus fort, sa respiration s’accélère, ses pensées sont confuses, il a la boule au ventre, les mains moites et certains muscles tendus. Mais il trouve le courage de se lancer quand même et commence à raconter son histoire.

Cette sensation d’anxiété le fait s’exprimer de manière maladroite : il parle son un ton incertain, haut perché, ne laisse pas de blancs lorsqu’il s’exprime et parle trop vite. Il bute en s’exprimant, n’arrive pas à choisir les mots justes, bafouille et sors des phrases dont le sens est parfois confus.

De plus, il n’illustre pas ce qu’il dit avec son langage non-verbal, qui est très pauvre : expressions faciales neutres, il ne maintient pas le contact visuel, n’a aucun geste avec ses mains si ce n’est des gestes nerveux.

Pendant qu’il raconte son histoire, il observe la réaction de ses collègues qui semblent ne pas vraiment l’écouter. Il se sent alors frustré de ne pas avoir de l’impact ce qui ne fait qu’amplifier les signes d’anxiété qu’il ressent : il a une vague de honte qui l’envahi et cela se traduit par un ton de voix encore plus incertain, une posture encore plus renfermée et des gestes encore plus nerveux.

Finalement, son ressenti de peur est totalement en dissonance avec son histoire, qui de fait n’a plus aucun impact.

Et il fait, effectivement, un bide devant tous ses collègues. À ce moment, il donnerait tout pour se transformer en un petit pois auquel personne ne fait attention.

Il regrette alors d’avoir pris la parole, qui lui confirme une fois de plus la manière dont il se considère en tant que personne : un loser.

Nicolas : Il se retrouve avec ses collègues, moment qu’il a tant attendu durant toute la matinée. Comme d’habitude, il s’investit dans la conversation, semble avoir un avis sur tout, écoute attentivement les autres, fait valoir son point du vue et n’hésite pas à le dire s’il n’est pas d’accord sur un sujet.

Au bout d’un moment, il décide de raconter son histoire. Avant même de la raconter, il est déjà impatient d’arriver à la chute parce qu’il est persuadé que tous ses collègues vont éclater de rire. Il se lance.

Lorsqu’il s’exprime, il est posé, prends son temps pour décrire clairement le contexte et voit ses collègues qui l’écoutent avec attention.

Il varie intelligemment le ton de sa voix pour captiver, donne vie aux mots qu’il prononce, laisse des blancs bien placés qui donnent du poids à ce qu’il dit, il transmet des émotions vraies et sincères, il regarde les autres dans les yeux, utilise un large panel d’expressions faciales, illustre ce qu’il dit avec des gestes amples, variés et sereins et il a une posture ouverte.

À la différence de Jean-Yves, il vit son histoire : il voit ce qu’il voyait, entend ce qu’il entendait, et ressent ce qu’il ressentait, ce qui lui permet de transmettre toute la saveur de son histoire.

Nicolas arrive à la chute et tous les collègues éclatent effectivement de rire, ce qui lui confirme la manière dont il se considère en tant que personne : quelqu’un de charismatique.

Il se sent bien, ravi d’avoir animé la foule une fois de plus.

22h00 : Au moment d’aller se coucher : avec la confiance, on se sent bien !

dormir sereinement confiance en soi Jean-Yves : Au moment d’aller se coucher, il se sent frustré de ne pas avoir réussi à avoir l’attitude qu’il aimerait en société. Il s’est une nouvelle fois prouvé à lui-même qu’il manque de confiance en lui.

Dans cet état de mal-être, il se remémore d’autres moments dans son passé où il a ressenti cette même émotion, ce qui l’amplifie encore plus. Il se sent alors impuissant dans le présent, et perd espoir de changer à l’avenir, ce qui l’accable encore plus.

Il peine à s’endormir, et le lendemain, dès le réveil, il ressentira à nouveau cette frustration.

Nicolas : Au moment d’aller se coucher, il se sent bien et satisfait de la personne qu’il est. Il s’est une nouvelle fois prouvé à lui-même qu’il est quelqu’un de confiant.

Dans cet état de bien-être, il se remémore d’autres moments dans son passé où il a ressenti cette même émotion, ce qui l’amplifie encore plus. Il sent alors qu’à l’avenir, il se sentira encore mieux et se permet d’envisager de belles perspectives.

Il s’endort sereinement, fera des beaux rêves et se réveillera sous la douceur de la fierté d’être celui qu’il est (et me permet, par la même occasion, de conclure cet article sur cette touche de romance.)